Laurent Triay : Vagabond d’occident
par florent le jeudi, 13 mars 2008   
Rencontre avec Laurent Triay, grimpeur passionné, équipeur prolifique, vidéaste talentueux, et surtout amoureux fou des falaises millavoises.
 
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Es-tu toujours aussi itinérant les derniers temps ?
Ça fait pas mal d’années que je navigue avec mon camion et que je n’ai pas vraiment de point fixe, à part la maison de mon père près de Montpellier où j’ai toujours ma chambre, et qui est mon adresse. C’est aussi le seul endroit où j’arrive à travailler efficacement sur mes films, alors il y à toujours un moment de l’année où je passe du temps dans cette région. Millau est un endroit qui compte beaucoup pour moi, j’y ai d’excellents souvenirs et de très bons amis, j’ai régulièrement besoin d’y retourner pour y reprendre de l’énergie. Mais je passe maintenant de plus en plus de temps à vivre en Espagne, près de Tarragone, à Cornudella de Montsant où vit ma petite amie Mariona. J’adore cet endroit, les falaises de Siurana et Montsant sont une nouvelle source de motivation pour grimper et équiper « a muerte ». Le village est très vivant et je commence à lier de bonnes amitiés avec les locaux. C’est un lieu où je me sens vraiment bien.

Parmi les trois gorges de Millau, quelles sont tes préférées ?
C’est une question difficile, chacune à son propre charme, c’est un peu comme les filles ! La Jonte c’est les grandes voies, même s’il existe aussi des couennes démentes ! Le paradis pour débuter sur quelques longueurs avec des voies comme L’arête ouest, Les femmes et les grimpeurs…, ou pour ouvrir des itinéraires futuristes (comme Les chemins de Katmandou). C’est aussi un bon endroit pour se mettre de belles fièvres en terrain d’aventure (L’inachevée). La Dourbie, c’est la plus sauvage, peu de grandes voies, un style un peu plus exigeant, les voies du Boffi ou de Cantobre peuvent être des bijoux. Le Tarn c’est la source de l’escalade sportive dans la région, la naissance des voies « abus » démesurées, les baignades avant l’essai du soir, le souvenir de ces murs vierges qui sont maintenant devenus des autoroutes… Parfois, ça fait mal au cœur de revenir et de trouver la gorge bondée de grimpeurs : des PQ partout et tous les petits coins squattés, on a vécu tellement tranquille et sauvage… Mais bon, je vais pas jouer le vieux grincheux, c’est la loi du partage et une évolution logique. L’endroit est si idyllique qu’il est un peu victime de son succès, c’était encore pire à Buoux dans les années 80.
 
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Parmi toutes les voies que tu as équipées, laquelle est ta préférée ?
J’ai équipé mes premières voies dans ces gorges en 1998 et ma boulimie m’en a fait équiper une centaine en à peu prés 3ans. Celle à laquelle je pense toujours en premier, c’est Les ailes du désir car elle symbolise ce délire qu’on a eu d’équiper et d’enchaîner des voies surlongues, c’était la première dans la région : 50 mètres si homogène sur la longueur ! Et avec seulement 13 dégaines… Au début on l’avait cotée 8a, et ça l’était ! Tout était super croustillant sous les pieds et dans les mains, les prises sableuses malgré les heures de nettoyage, et ç’était quasi la seule voie du mur et ça changeait l’ambiance générale. J’y suis retourné il y à peu et c’est maintenant une véritable « autopista » balisée de cake, les prises se sont faites et sont devenues bien meilleures. C’est plus facile et forcément les gens sont contents de faire une voie avec un « grado regalo » (cotation cadeau, comme on dit en Espagne). Mais peu importe, cette voie nous a permis à toute la bande que nous étions, de franchir à ce moment là un cap psychologique et de s’éclater dans ce jeu des voies « abus ».

Quelle voie inférieure à 7a conseilles-tu dans l’une des trois gorges ?
Pour faire un truc atypique et passer un moment « œcuménique » à côté de la petite chapelle sous l’incroyable pilier de Tennessee, allez faire un tour dans les dalles de Perte D’adhérence (6c+) ou Souvenir de bleau (6c), ça change du bi en dévers de base, mais ce n’est pas facile ! Sinon le conseil des équipeurs du Tarn a attribué le plus beau 6a des gorges à Olivier Obin, avec Jeu de plage au secteur « entre deux ».
 
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Laurent équipe la voie ultime (80 m !) du Roc Trip de Kalymnos.

Tu n’as pas toujours demandé l’autorisation pour équiper, et tu l’as certaines fois fait en secret : est-ce que cela a changé ? Deviens-tu plus « responsable » ?
« Responsable » n’est pas vraiment le mot… Pour ce qui est de ne pas équiper n’importe ou pour protéger un nid ou ne pas scier un beau cade, oui je suis de plus en plus attentif, j’essaye de limiter l’impact négatif que je peux avoir. Par contre c’est vrai que j’ai toujours du mal avec les histoires de propriétés privées, le pouvoir des chasseurs, etc... De toute façon, pour l’instant je n’équipe plus de nouveaux secteurs en France, je me limite à quelques voies par-ci par-là. C’est plutôt à Montsant ou Siurana que je me fais plaisir avec l’équipement, je découvre des murs hallucinants qui me font rêver et ou il n’y a pas de problèmes pour équiper, les espagnols sont quand même bien plus relax avec les règlementations.

Est-ce que tu continues à équiper des voies « abus » ? Penses-tu que ces voies longues  sont l’avenir de l’escalade (tant d’un point de vue esthétique qu’au niveau de la difficulté) ?
C’est vrai que ça fait quelque temps que je ne me suis pas équipé une bonne voie abus. Avant je ne grimpais jamais de voies courtes, vu que mon point fort c’est la conti, ça m’allait très bien… Maintenant je prends aussi goût aux voies courtes ou je ne peux pas tricher sur la difficulté de force, ça me fait progresser. J’ai toujours ressenti que grimper une « voie abus » c’est plus esthétique et plus fort en émotions, plus gratifiant, on a au moins l’impression d’escalader un vrai truc ! Mais bon c’est personnel, là aussi tous les styles ont leur charme. Pour ce qui est de la difficulté, j’ai aussi toujours pensé qu’elle pouvait évoluer avec la longueur des voies. Imagine une voie de 50 m avec des mouvements en 7a bloc, beaucoup de grimpeurs dominent ce niveau de mouvements, mais pour les aligner sur une longue distance, ça peut vite être extrêmement dur tout en restant faisable assez rapidement. C’est un peu ça qui se passe en Espagne avec les voies dures de Santa Linya : La novena enmienda est un véritable 9a et pourtant il n’y a presque que des bonnes prises, mais le niveau d’endurance est monstrueux et les grimpeurs à la pointe sont redoutables dans ce style, alors forcément les enchaînements pleuvent… Par contre c’est sur que la difficulté en bloc continue et continuera aussi de progresser, l’un ne va pas sans l’autre ; l’intensité des « voies abus » extrêmes va de pair avec le niveau en bloc, moins ça coûtera d’énergie de faire un pas, plus longtemps on pourra le reproduire et créer de nouveaux challenges infâmes…
 
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Pourquoi pas davantage de perfs effectués par des grimpeurs français à Santa Linya?
Sans doute car il n’y encore aucun ténor qui s’est réellement excité sur ce spot. Je ne crois pas que ce soit un problème de niveau, les frenchies peuvent envoyer du gros, notamment les nouvelles générations…  En tout cas dans mon niveau je fais de bonnes rasias et je me régale de toutes ces voies, merci aux équipeurs comme Dani Andrada ou David Brasco !

Quels sont les grimpeurs qui t’impressionnent le plus aujourd’hui ?
Ces derniers temps, j’ai passé beaucoup de temps avec Dani Andrada, car il m’a demandé de lui faire un film sur sa vie, qu’il veut présenter lors de soirées projections. C’était top, Dani m’inspire beaucoup dans mon escalade et dans la vie ! Il transmet une énergie autour de lui hors du commun, il est simple, authentique, passionné jusqu’au fond des tripes, il est comme son escalade, « a muerte » ! Il peut mettre un rythme et une fluidité à son escalade qui est digne du singe ! Après il y a beaucoup de grimpeurs qui m’impressionnent, en ce moment je pense aux derniers mutants avec qui j’ai grimpé, comme Chris Sharma, Dave Graham, Edu Marin… J’ai aussi été blasé de voir Adam Ondra courir dans La Rambla à Siurana, même si je n’ai rien pu échanger avec lui… Les d’jeuns déchirent !
 
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Laurent dans la variante en 8a+ d'Es Pontas
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Pierre Rouzo est décédé l’an dernier : que retiendras-tu de lui ? Que t’a-t-il appris ?
Ah le Pierre… C’était un personnage ! Quand j’ai débuté l’escalade, dans les années 85, j’avais 10 ans et c’était le plus fort grimpeur de la région et celui qui ouvrait les voies dures, en les signant de sa calligraphie parfaite et parfois de ses petits dessins d’artiste. Sa grimpe était en avance sur son temps, fluide, rapide et dynamique alors que tout le monde serrait les fesses dans les dalles. Je me souviens de l’un de ses premiers conseils quand je patinais dans les 7a à Saint Bauzille de Montmel : « tu grimpes bien mais tu fait trop de bruit avec tes pieds, quand tu ne les entendras plus, c’est que tu grimperas encore mieux ! ». Et ça m’est resté et m’a aidé à commencer à m’appliquer ! Ce que j’aimais par-dessus tout chez Pierre, c’était sa convivialité avec les gens qu’il appréciait et à la fois son goût pour ceux avec qui il s’engueulait. Il adorait pousser des coups de gueule parfois un peu extrémistes mais qui avaient toujours le mérite de créer des débats. Il a toujours eu besoin d’un cheval de bataille : si ce n’était pas les topos photocopiés, c’était les traits de magnésie…C’était un personnage assez radical et engagé, et pour ça je le respecte énormément. On a tous était très triste de sa disparition, mais heureusement son énergie voyage toujours avec ceux qui l’ont aimé.
 
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Laurent film Chris Sharma dans son projet à Siurana.

Tu sembles de plus en plus motivé par la vidéo et la réalisation de films : cela supplante t-il ta passion pour l’équipement (voire pour la grimpe) ?
C’est vrai qu’aujourd’hui le travail sur les films d’escalade me prend du temps que je pourrais passer sur le caillou. Ce n’est pas toujours évident à supporter, car en plus j’étais hyper réfractaire aux ordi quand j’étais ado, à l’école, je refusais de les toucher ! J’ai évolué, mais parfois ça me fait bizarre et je me demande ce que je fous derrière l’ordi alors qu’il fait grand bleu et que ça colle au soleil ! Mais bon j’aimerais arriver à vivre de ce job, alors je m’accroche et fais mon maximum pour y arriver en y passant du temps pour progresser et sortir des films motivants et intéressants. Si je ne sentais pas les gens enthousiastes et les encouragements autour de moi, j’arrêterais de suite. Je sens que je peux faire de belles choses alors ça m’excite et j’ai des projets et de portes qui s’ouvrent autour de moi ; je vais peut-être enfin faire un vrai travail (rires) ! Grimper et équiper restent mes premières passions même si j’ai besoin de m’ouvrir à d’autres choses.

Peux-tu nous parler de ton projet de film ?
En ce moment je bosse comme un ouf pour terminer mon prochain DVD « The fanatic Search ». Même si j’en ai déjà sorti deux autres, je considère que celui-ci sera vraiment le premier ; les 2 autres je les ai fait pour moi, pour jouer, sans trop penser les vendre. Au final, j’en ai vendu quelques-uns qui ont plu et ça m’a donné envie de m’y mettre vraiment. Là c’est différent : je vais sortir un film qui est vraiment pensé pour être présenté au public, avec des images d’escalade et de nature de grande qualité, et comme fil conducteur une analyse et une réflexion sur le fanatisme de notre sport, les grimpeurs évoluant dans leur vie de tous les jours. J’ai un bon contenu et je suis bien excité pour ce film ! Presque tout se déroule en Espagne. En gros ça va commencer par la séquence « psikofanatics », un mois de trip à Mallorca pour passer en revue les meilleurs spots de psicobloc, avec beaucoup de grimpeurs, ensuite il y a deux portraits des grimpeurs espagnols Dani Andrada et Mariona Marti qui se dessinent au fil des séquences variées qui suivent, à Montsant, Margalef, Rodellar, Siurana, Santa Linya…
Beaucoup d’images de Chris Sharma, avec un des moments forts du film, le travail et l’enchaînement de Novena enmienda ; une séquence sur les kids espagnols, suivi d’une réflexion sur les nouvelles générations avec quelques images d’Adam Ondra dans La Rambla et les réactions des grimpeurs. Il y aura aussi des extras de kitesurf, du bloc aux Canaries, du VTT tracté par des huskies et des scènes de vie avec quelques ratés… Je pense présenter au moins 2 h de vidéos. Bref, il y a du contenu, ça me prend du temps, mais je pense que ça en vaut le coup ;

Tu veux devenir le « Josh Lowel » français !
Si je pouvais avoir son talent, son sens marketing et aussi sa carte bleue, je ne dirais pas non… Même si son travail et son talent m’inspirent beaucoup, je crois qu’on est vraiment pas du même monde. Je fais des films avec des budgets de 0 € qui tiennent quand même la route. Bon, j’ai maintenant au moins investi dans un bon ordi et une bonne caméra qui m’a coûté une quarantaine de canyons. Quand je vois la machine qu’ils arrivent à mettre en place avec le lancement de « King Lines », la tournée que se tape Chris, la communication, les chiffres de vente… À côté de ce businessman je me sens vraiment tout petit ! Si j’avais les moyens qu’ont BigUp, ça serait encore autre chose ! En plus, je fais tout tout seul de A à Z, eux  ils peuvent se permettre de payer des gens pour filmer, faire la musique… Mais bon, il l’a mérité, il a commencé de 0 et a bâti son expérience et sa renommée avec le temps, il n’y a rien à redire… Chris me dit que je pourrais faire pareil, que j’en ai les capacités, on verra bien. Par contre, je ne cherche pas à copier, et si j’utilise aussi pas mal d’images de Chris Sharma dans mes films, c’est par hasard ! On est potes, nos petites amies habitent à côté, on grimpe en Espagne sur les mêmes spots et il envoie !
On me voit aussi grimper à Es pontas dans un 8a+ de Chris, ça fait longtemps que je veux mettre en scène quelque chose sur cette arche, j’ai déjà été assez frustré de ne pas avoir eu le droit de filmer Chris quand il essayait sa voie dure, BigUp s’était accaparé le truc alors qu’on y grimpait depuis un moment ! Peu importe, je ne ferai jamais mieux en essayant de copier. Je préfère essayer de dégager de mes films ce dont pourquoi je pense être bon, c’est à dire capter des moments « live » d’escalade ou de vie avec un œil de grimpeur, bien de l’intérieur, me fondre dans la vie des gens que je met en scène. Ensuite, même si certains effets sont classes, je ne suis pas le roi d’After Effect et je préfère laisser des images bien naturelles avec de belles lumières.
 
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On the road again...

Ton site commence par un slogan bien connu : « quitte ton boulot et va grimper ! » Comment tu t’en sors économiquement ?
Et bien, c’est un peu ce dont parle mon prochain film. Comme beaucoup d’autres grimpeurs « fanaticos » qui ont dédié leurs vies à l’escalade, la priorité essentielle pour me sentir bien dans ma peau et être heureux, c’est d’avoir du temps pour grimper. Cela signifie un minimum de temps de travail au prix d’un confort matériel très modeste, une sécurité financière inexistante, et quelques coups durs… Et après avoir rencontré un tas de « fanaticos » dans ma vie de grimpeur, je me rends compte qu’on est tous plus ou moins dans la même situation, je veux dire ceux qui escaladent en falaise au moins 4 jours par semaine ; et même les stars comme Dave Graham ou Dani Andrada, il y a toujours un moment de l’année ou les sponsors ne les ont pas payé et ou ils se retrouvent à découvert ! C’est hallucinant, le grimpeur fanatique n’est pas riche, c’est un constat. Après je ne me plains pas, j’ai choisi et j’assume cette vie, il y a aussi largement beaucoup plus pauvre…
En gros je fais l’année avec 8000 €, je travaille deux mois d’été comme un taré à faire le guide de Canyoning dans les hautes pyrénnées, et depuis deux ans je fais des petits jobs vidéo pendant l’hiver. J’en ai parfois un peu marre de me retrouver à galérer financièrement et c’est aussi pour ça que je consacre plus de temps à m’investir dans le travail vidéo. Pour mon dernier film, c’est la première fois que je consacre autant de temps à penser, filmer, monter quelque chose, je pense que ça va être pas mal…

Quel message veux-tu adresser aux lecteurs d’EscaladeMag qui vont venir grimper autour de Millau ?
Faites vous plaisir et respectez ce lieu, vous allez avoir un aperçu de votre place au paradis…
 
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Propos recueillis par Florent Wolff – Photos : Sam Bié - Merci à Laurent d'avoir répondu à nos questions !



Comments (12)
1. 13-03-2008 08:57
Super interview et super esprit !
Written by Laurence (Guest)
2. 13-03-2008 10:44
Tut tut tut tut ........ il n'y'a plus d'abonné au numéro demandé ...... j'ai quitté mon job, je vais enfin Grimper !
Written by Gou.N (Guest)
3. 13-03-2008 11:10
Je te suis Lo ! 
 
Esprit rare et classe ! ! ! ! 
Merci à Laurent pour les mots qui font rêver autant que les photos !
Written by Bruno (Guest)
4. 14-03-2008 23:35
Bravo le bibe , tu merite de vivre de ton art, 
tes films sont le top du genre
Written by tonton (Guest)
5. 15-03-2008 08:29
ca fait plaisir de se sentir moins seul, dans la categorie de ceux qui vivent de pas grand chose sinon de "délires verticaux"... 
 
belle rencontre escalademag'...bravo!
Written by el pibe (Guest)
6. 16-03-2008 20:21
bravo mon couz, suis fière de toi.... 
je t'embasse!
Written by julie (Guest)
7. 17-03-2008 11:38
Vu tes films Mr Laurent , tres bon , bientot la palme d'or , bravo continue
Written by Michel (Guest)
8. 04-04-2008 16:05
venga bicho muy bien ! venga el nino !!!
Written by el padre (Guest)
9. 22-04-2008 19:25
Laurent Triay , ou comment me donner envie de tout plaquer pour faire de la video...
Written by shams (Guest)
10. 17-05-2008 23:07
Moi je dirai , Laurent triay , ou comment me envie de tout plaquer pour grimper ! 
Presser de le renconter entre deux road trip, ma copine est en colloc dans la maison à coté la sienne, cooooooolllllllll
Written by yavk07 (Guest)
11. 02-10-2008 09:50
sa fait plaisir de voir encore des gars comme toi, continue comme sa mec
Written by le grimpeur fou (Guest)
12. 14-08-2009 19:53
Bravo, pour la qualité du film, c'est mythique. Le Dani est énorme.  
 
Fan de la jonte
Written by Boris (Guest)

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