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Madrid, une ville pour tous les goûts
par EscaladeMag le lundi, 02 novembre 2009   

Madrid, une ville pour tous les goûts

Texte François Feliu / Photos François Feliu et Nicolas Frost

Envie de culture et de grimpe ? De granite et de calcaire ? Pourquoi ne pas venir alors à Madrid ? Une ville permettant de contempler Guernica et de grimper dans la même journée !

La première chose que l’on note en arrivant à Madrid, et ce quel que soit le moyen de communication, est la chaîne de montagnes, culminant à plus de 2000 mètres, qui s’étend du nord-est au sud-ouest de la ville, à environ 50 kilomètres. La Sierra de Guadarrama regorge de sites d’escalade très divers permettant de varier le type de grimpe, et le tout à plus ou moins une heure du centre-ville. La ville se transforme alors en une parfaite destination de vacances afin de combiner une très grande gamme d’activités : l’escalade (avec toutes les variantes possibles), la randonnée et aussi un aspect culturel.

Après avoir visité les nombreux musées de la ville, et s’être imprégné de l’atmosphère et de la culture espagnole, pourquoi ne pas aller profiter des longues journées d’automne ou de printemps pour s’évader verticalement… En effet, le climat étant continental, l’hiver est rude et l’été très chaud, même s’il reste possible de grimper toute l’année en jonglant avec les orientations. Le grimpeur n’a alors que l’embarras du choix : grandes voies, couennes, blocs, granite, calcaire, dévers, dalles, terrain d’aventure, etc. Et le tout dans un périmètre de 50 kilomètres depuis le centre-ville.

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François Feliu dans El culebras, 6c+, Patones

En suivant la Sierra de l’Est à l’Ouest, le premier site que nous rencontrons, Patones, se situe au-dessus d’une petite rivière qui serpente entre monts et collines. Le calcaire de la falaise est parsemé d’une multitude de trous rappelant au grimpeur un lieu mythique de l’escalade française : Buoux ! La falaise a été le centre de l’escalade sportive de haut niveau de Madrid des années 1980 jusqu’au développement de Cuenca, dans la région voisine. Toutes les voies, ici, sont une invitation à grimper quelle que soit la difficulté (du 5 au 8). La majorité des voies évoluent dans le 6 en remontant des murs verticaux (ou déversants) en passant de trous en trous, sans repos, ce qui fait que la grimpe est assez explosive et fatigante mais pour le moins plaisante, comme la voie El Autopista al Infierno l’illustre. La tonicité des voies est accentuée par le fait qu’en moyenne les voies font entre 25 et 35 mètres. La falaise de Patones, néanmoins, charmera  plus d’un grimpeur. Le site sera aussi l’occasion de découvrir Patones de Arriba : un petit village de pierres, connue en Espagne pour avoir été le seul village que l’armée napoléonienne n’a pas conquis !

 

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À une vingtaine de kilomètre de Patones, le Pic du Miel accueille de splendides fissures yosémitiques ! Il s’agit du règne du terrain d’aventure car les voies sont très peu équipées, à l’exception de certains relais. Pour vaincre ses fissures il faudra user de tous types de coincements pour s’arracher jusqu’au sommet. Le site offre une multitude de voies dans le 5 et le 6, même si certaines des plus belles fissures évoluent dans le 7ème degré. Des sites de blocs sont en train de se développer aux alentours du village. L’unique désavantage de ce site provient du bruit et de la gêne occasionnée par l’échangeur autoroutier au pied de la falaise, et des avions passant très bas en phase d’atterrissage à l’aéroport de Madrid. Mais bien que bruyant, voir passer un Boeing 747 de très près reste impressionnant !

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Paco dans 23-F, 6c, secteur soucoupe volante, Pedriza

Un peu plus à l’ouest de La Cabrera le grimpeur trouvera un véritable petit paradis granitique : le Parc Régional de la Cuenca Alta del Manzanares ou Pedriza. Le massif est un véritable dédale de formations granitiques. La Pedriza ravira plus d’un grimpeur pour la variété d’escalade que l’on y rencontre sur ces murs de granite ocre, comptant plus d’un millier de voies dispersées aux quatre coins de ce labyrinthe entre le 4 et le 8 (il possède l’un des 8 le plus dur en granite). Chaque recoin a un nom en relation avec sa forme (El Pajaro — l’oiseau ; El Platillo volante — la soucoupe volante ; El Yelmo — le heaume ; La Tortuga — la tortue). De fait, La Pedriza est composée d’une multitude de secteurs. L’adhérence règne en maître sur ses innombrables falaises permettant ainsi de se reposer les avant-bras de Patones et de se fatiguer les pieds, les mollets et le mental sur les dalles inclinées… Rien de tel que de s’envoyer en l’air, sur une trentaine de mètres, dans des 5 ou des 6 majestueux en faisant confiance uniquement à ses pieds !

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La Pedriza et la plaine de Madrid en arrière-plan

L’ascension du Yelmo, un dôme de 150 mètres, nous offre la possibilité d’avoir une vue inoubliable sur Madrid et les alentours. D’autres sommets sont accessibles, comme El pajaro (notamment par la voie Oeste Clasica V+/A1) ou las Torres de la Pedriza et offrent des grandes voies, n’excédant jamais les 200 mètres, équipées ou non. La magie du lieu est renforcée par la présence permanente des vautours et des chèvres de montagne qui accompagnent randonneurs et grimpeurs tout le long de leurs échappées. Certains, toutefois, se contenteront des divers sites de blocs qui parsèment les alentours de Cancho Cantino, le parking principal ou seulement d’errer dans ce dédale de blocs et de formations granitiques. L’atmosphère est ici, d’une certaine manière, magique ! Le site est reposant et favorise une certaine évasion quelle que soit l’activité choisie, et son intensité.

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Secteur Soucoupe volante, Pedriza

Pourquoi ne pas profiter d’un jour de repos pour visiter le Monastère Royal d’El Escorial à San Lorenzo del Escorial, tombeau des rois d’Espagne. Les amateurs de blocs auront alors l’occasion de rechausser les chaussons pour gravir divers blocs dispersés dans la forêt. Ce site est l’un des plus anciens du secteur ; toutefois il est interdit d’ouvrir tout nouveau passage car la forêt est protégée. Les amateurs de blocs pourront aussi aller sur le site de Zarzalejo, à quelques kilomètres plus à l’ouest de El Escorial. Les blocs, de grosses boules de granite, sont dispersés dans une prairie. Ces deux sites sont à recommander en hiver, où la « collante » favorise les préhensions.

En continuant la Sierra vers le Sud-Ouest, deux sites méritent le détour. Le premier El Yelmo, à Pelayos de la Presa est un petit site offrant une vingtaine de voies granitiques, essentiellement en dalle, mais il faut aussi noter l’existence d’un magnifique dièdre. À peu de kilomètres, San Martin de Valdeiglesias satisfera les grimpeurs mordus de réglettes. Il s’agit d’un site ayant une centaine de voies remontant des murs verticaux sur des réglettes, plus ou moins bonnes. Le topo de ces deux derniers sites est en vente dans certains commerces du village, alors que tous les autres topos des sites décrits sont en vente dans la librairie spécialisée, Desnivel, à Madrid, caverne d’Ali Baba des cartes, topos, livres de montagne et de voyage.

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Daniel Velasquez dans le grand dièdre, 6a, El Yelmo à Pelayos de la Presa

Le problème du logement peut être résolu en dressant son camp de base à Madrid et en utilisant le réseau de transport en commun pour se rendre sur les différents sites, qui sont tous très bien desservis en échange de quelques efforts supplémentaires. Cette option permettra de profiter à la fois des montagnes et de la ville : rien de tel, en rentrant de grimper, que de déguster des tapas entre amis sur une terrasse pour s’imprégner de cette culture qu’ont les Espagnols de se retrouver dehors, dans la rue. Cela permettra aussi aux plus acharnés de découvrir les nombreux murs d’escalade qui se trouvent dans les parcs de la ville, en libre accès. Il est aussi possible de dormir plus près des sites, que cela soit en gîte, hôtel ou camping (selon les endroits), où encore de bivouaquer. Le bivouac est autorisé sur l’ensemble de la Sierra à condition de rester discret et de ne pas allumer de feux. Une chose est sûre, c’est que les amoureux de grimpe trouveront toujours quelque chose à se mettre sous les doigts à Madrid !

 

 

 




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The Big Island 8C from Grimpeabloc on Vimeo.


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