| Interview Michel Libert |
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Michel Libert est un des ouvreurs emblématiques de Bleau. Du haut de ses 72 ans, il continue à fréquenter la forêt avec une forme physique exemplaire. Nous lui avons demandé son sentiment sur la question de la taille des prises, afin de replacer les choses dans une perspective historique.
Propos recueillis par Fred Vannucci Pour situer le contexte, peux-tu nous parler des grimpeurs de ta génération et de leur niveau ? Durant les années 60, la pratique de l’escalade était surtout un moyen de se préparer physiquement pour entreprendre des courses en montagne. L’enchaînement rapide de circuits comme le Rouge ou le Jaune du Cuvier Rempart (aujourd’hui délaissés) était régulièrement pratiqué. Nous étions tous équipés de chaussons P.A. que l’on se procurait chez Pierre Allain dans son magasin de la rue Saint-Sulpice à Paris. C’était aussi l’occasion de lui demander des conseils pour nos projets de courses en montagne. On ne se souciait pas de notre régime alimentaire, et en dehors de l’escalade, que l’on pratiquait seulement le dimanche, l’entraînement spécifique n’existait pas. Nous ne disposions pas de crash-pad et il fallait assumer les chutes… Les résultats obtenus étaient uniquement dûs à notre acharnement à grimper.
Michel Libert dans La Paillon directe (Cuvier)
Le système de cotation utilisé dans les années 50 correspondait à l’échelle en six degrés de Welzenbach, chaque graduation étant affectée du signe + ou – pour nuancer les cotations. A Bleau, afin de pouvoir apprécier des difficultés supérieures au sixième degré, on ajoutait un indice a, b, c, d, e, f, etc. Ainsi, lorsque Robert Paragot ouvre la Joker, elle sera cotée 6f. Durant l’année 1960, j’ouvre plusieurs voies dont l’Enclume, la Tour de Pise et l’Abattoir (NDR : sans prises taillées) qui deviendra une référence pour le niveau 7a. Il faudra attendre 1977 pour atteindre le niveau 7b avec Jérôme Jean-Charles qui ouvre Carnage sur le même bloc que l’Abattoir. La taille des prises concernait alors quel niveau de difficulté ? Cette pratique a commencé vers 1942 avec Authenac et Paillon qui aménagèrent l’escalade de voies comme la Paillon directe ou le Quartier d’Orange sur le bloc de la Prestat. Ces voies restent une référence pour le niveau du 5e degré. En 1960, quelques blocs au Cuvier ont fait l’objet de taille, mais cela ne concerne que des voies de haute difficulté, qui à l’époque paraissaient comme impossibles. Cela se faisait dans la plus grande concertation avec les grimpeurs du moment. Cette pratique a très vite été abandonnée pour être à nouveau reprise en 1977 dans Carnage. Qu’est-ce qui, selon toi, permet aujourd’hui de progresser sans passer par la taille de prises ? Cinquante ans après, l’escalade s’est professionnalisée, les voies de haute difficulté qui étaient réservées naguère seulement à une élite sont devenues à la portée d’un grand nombre de grimpeurs. Certes, les salles d’escalade ont contribué à cette évolution en permettant de pratiquer un entraînement régulier et systématique, mais les progrès réalisés viennent surtout de l’envie des grimpeurs de se surpasser. Merci à Michel Libert Photo : Desez Duchka (source bleau.info )
1. 27-01-2009 09:32 vraiment super cet article comme les les ancien nous apporte beaucoup!!! 2. 27-01-2009 22:38 vannucci le pti cachetier , continu mec c interressant ... la prochaine j'espere l'interview d'un indien a hampi :) kiss mon grand ( enfin pour moi t'es grand :) 3. 28-01-2009 05:56 Seulement une petite page ! On reste sur sa fain, déja parce que l'interview est resté dans les lieux communs : on apprent peu ou rien. C'est juste le plaisir d'entendre Michel. - Dommage ! 4. 29-01-2009 09:19 Effectivement, on n'apprend rien, sinon que la rédaction est bien mal informée car sur ses trois ouvertures citées par Michel, deux sont des blocs taillés!!!! (l'enclume et la tour de pise) Pour moi c'est le niveau zéro du journalisme. 5. 29-01-2009 09:45 Qui te dit, Pascal, que la parenthèse faisait référence à tous les blocs cités ? Moi, je n'ai pas lu ça. Et je ne suis pas bleausard :o) 6. 29-01-2009 10:20 On peut le lire comme le fait fulbert mais c'est très ambigu ... surtout par rapport à la suite qui parle des blocs taillés dans les années 60: justement la tour de pise et l'enclume en autre. Quand aux bonnes questions: pourquoi tailler plutot que d'aller voir plus loin ? Pourquoi tailler le Carnage à une époque où ces méthodes auraient du être abandonnée ? ... Rien . Ceci dit immense respect à Michel Libert, toujours actif, un musée vivant de l'escalade à bleau. 7. 29-01-2009 19:02 Si je peux me permettre une "petite" réponse (désolé d'avance), tout d'abord ce que vous lisez ci-dessus etait censé documenter l'article sous forme de mini-ITW. Pour éviter un pavé indigeste comme celui que je m'apprête à écrire, elle a été isolée, ce qui explique qu'elle soit relativement succincte. Alors non, on n'apprend rien.... si on est déjà au courant. Je ne prétendais pas écrire une anthologie de la Bleausarderie, j'en laisse le soin à Manu Ratouis qui fait ca mieux que moi. Notez bien que moi-même, j'aurai bien voulu que cette ITW soit plus fournie. Bref, venons en à notre ami Pascal (un célèbre raleur sévit déjà sur notre bon vieux forum de Bleau.info... je ne serais pas étonné de recroiser ici sa verve). Tu me crois vraiment assez con pour croire que la Tour et l'Enclume sont vierges de tout burin? Tu crois que le jour (béni) ou j'ai touché le trou de la Tour, je me suis dit "hmmm, la bonne prise naturelle que voici"...?? Et tu crois vraiment que j'ai pu croire, malgré ses apparences de bonne vieille réglette, que la prise de l'Enclume n'était pas une victime de la taille? Bon c'est vrai, mea culpa, je ne l'ai pas fait. Faut dire qu'elle ravage les doigts, la croutasse... (oui parlons un peu d'escalade au lieu de pinailler...). Bref tu pense vraiment que je ne sais pas de quoi je parle à propos de ces cailloux? Allez, je pourrais le prendre pour une insulte au bleausard mais je t'en veux pas. Enfin, tu me crois encore plus con pour écrire un article et ne pas me renseigner un minimum? Même au niveau zéro du journalisme j'essaie d'assurer le minimum et de vérifier ce que je blablate. Bref la parenthèse est là pour préciser que seul l'Abattoir, dans cette courte liste, n'a pas été taillé. Eh oui, si je ne l'avais pas mise, des chafouins dans ton genre m'auraient jeté des cailloux sous prétexte de dire, hérésie!, que l'Abattoir était taillé. Bref merci de ta remarque, mais à trop prendre les gens pour des cons on passe soi-même pour un (gros) con. Tu as peut-être raison, c'est le niveau zéro du journalisme. C'est ton avis et il vaut autant que le mien, bien que ca me déplaise de l'admettre. Ceci dit avant d'être des pures lumières du rocher on a tous ou presque été de pauvres corniauds, donc je ne désespère pas. Pour Emmanuel, déjà merci de relever le niveau rase-bitume des commentaires avec une vraie question. Je dirais, pour le Carnage, (suppositions uniquement...) que la question de la taille ne devait pas avoir la même image à l'époque qu'aujourd'hui (Aaah, notre bonne et si saine morale manichéenne... Tailler c'est mal, et au bucher ceux qui osent nuancer le sujet!) et que la question devait se poser différemment. Est-ce qu'on doit jeter des cailloux aux ouvreurs de l'époque, maintenant que notre éthique a changé?... à voir. En tout cas ca se fera sans moi. 8. 31-01-2009 11:24 Argh... Je ne veux pas en rajouter mais l'Abattoir est bel et bien taillé, l'avant-dernière prise de sortie (main droite assez libératrice) qu'il est pourtant assez aisé de shunter... Mais bon ! C'est toujours sympa de mettre les vieux en avant... Ce qui est sûr c'est que sans les prises taillés le Cuvier aurait vraiment été un sacré "laboratoire du geste" !!! 9. 15-07-2009 20:00 il me semble fort que la prise de sortie main droite est taillée dans le plus pur style "burin des années soixante", alors soit ça ressemble mais ce n'est pas, soit ça a été taillé après l'ouverture, d'ou la précision "ouvert sans prise taillée", mais en tout cas j'ai toujours cru que ça en était une. Quelqu'un pourrait m'éclairer? 10. 16-07-2009 09:40 bon en voila un très bel article concernant l'escalade et son passer glorieux que du bon , de l'ouverture, du frisson , de l'innovation le bon temps quoi que de nostalgie magnifiquemnt raconter , au coin du feu ce genre de récit c'est le pied, mais à part ça j'ai surtout lu pas mal de lignes concernant la cotation et l'histoire de prises taillés etc etc, que de l'existenciel, que du vital , au fait il y un article pour christophe riti qui vous montrent ce qu'est l'escalade et la motivation et en plus il a besoin de vous aller on se bouge pour christophe Only registered users can write comments. |
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