La Falaise de Seynes est interdite à l’escalade jusqu’au 15 septembre. Cette petite commune gardoise renferme des falaises connues internationalement, plus de 370 voies du 3b au 8c. C’est dans les années 80 que ce spot a connu sa notoriété avec l’organisation d’une course internationale de grimpe. C’est aussi à ce moment-là que les « gens ont commencé à grimper et à équiper sans rien demander » selon Hervé Grimal, le maire de Seynes. Déjà en 1985, le sous-préfet d’Alès avait pris un arrêté d’interdiction sur les falaises de la commune.

Hervé Grimal ne décolère pas : « Ce développement anarchique me gêne, c’est un espace de liberté mais on ne peut pas tout faire non plus ! ». Le maire déplore que depuis cet été, les panneaux d’interdiction de circuler, de camper et de feux interdit soient bravés, pire que celui d’interdiction des feux ait disparu ! Sa décision a donc été radicale : interdire l’escalade jusqu’au 15 septembre, en prévention d’éventuels départs de feu, comme pouvaient laisser présager des foyers encore visibles sur les lieux…

Hervé Grimal ne veut pas que sa commune paie les frais de ces actes d’incivilités et ne veut pas prendre de risques. Il explique que si l’arrêté préfectoral est prolongé, il prolongera le sien. Chaque année les falaises de Seynes voient défiler entre 10 000 et 20 000 grimpeurs, le maire veut donc mettre en place une gestion du site pour éviter ce genre de débordements. A l’issue d’une récente réunion avec le Conseil Général, la Fédération d’escalade, l’ONF et le maire de Brouzet-les-Alès, Hervé Grimal a demandé la réalisation d’une étude sur l’impact de la pratique de l’escalade sur la faune et la flore et de trouver une solution pour réglementer les voies qu’il juge suffisantes. « Je veux que l’on trouve des solutions et que l’on discute vivement avec tous les acteurs de l’escalade ».

Françoise Rault-Doumax est Présidente du Comité Départemental du Gard, de la FFME, elle approuve cet arrêté. Elle attend beaucoup du nouveau projet de convention avec l’ONF et le Conseil Général du Gard mais pour elle, ces actes de dégradation du site ne sont pas le fruit des grimpeurs du secteur mais des touristes et grimpeurs occasionnels. « La falaise est connue mondialement, je vois arriver des grimpeurs étrangers en camping-car, les habituels de toute manière ne grimpent pas en cette période de l’année, il fait trop chaud ! ».

Françoise exprime son agacement, les grimpeurs venus de l’extérieur, qui ne respectent pas le site pénalisent toute la communauté de l’escalade. Elle précise également qu’il n’y a pas que le secteur de Seynes dans le Gard où il faut être attentif, d’autres falaises méritent une attention particulière. Elle prépare d’ailleurs un système de vigilance sur tout le département. Des clubs référents se sont engagés à lui remettre deux fois par an des rapports sur l’état des falaises gardoises. Elle déplore que le zoom soit ainsi fait sur Seyne qui du coup va se retrouver dans un système de signalétique important, des chemins d’accès réduits, des accès sécurisés aux parkings avec des frais conséquents… De plus, elle indique que demander une nouvelle étude sur l’impact sur la faune et la flore ne fait que retarder les pourparlers… L’avenir du secteur de Seynes pourrait devenir incertain si le comportement de certains grimpeurs inconscients perdure.

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Texte et photos Laurence Durand